Quand l'anxiété prend toute la place
Comprendre comment le système nerveux, la mémoire traumatique et les parts de soi maintiennent l'alarme dans le présent
Restaurer progressivement la souplesse du système nerveux et retrouver davantage de sécurité intérieure.
L'anxiété n'est pas toujours proportionnelle à ce qui se passe dans le présent. Une circonstance apparemment ordinaire, une sensation corporelle, un changement dans une relation ou une incertitude peuvent déclencher une alerte très intense, alors même que l'on comprend rationnellement qu'aucune menace immédiate n'est identifiable.
Il arrive aussi que l'anxiété devienne si envahissante qu'elle emporte momentanément la capacité de prendre du recul. L'attention se resserre alors autour des signes susceptibles de confirmer la menace, tandis que les éléments plus rassurants deviennent difficiles à percevoir.
L'appréhension de la réalité se trouve ainsi orientée par l'état d'alarme : une partie de soi sait que la situation appartient au passé ou que les conditions actuelles sont différentes, tandis que le corps et certaines parts de soi réagissent comme si ce qui a déjà été vécu pouvait se reproduire à tout moment.
Un système nerveux façonné par l'expérience
Le système nerveux autonome régule en permanence de nombreuses fonctions qui échappent à notre volonté : rythme cardiaque, respiration, digestion, niveau de vigilance, mobilisation ou ralentissement de l'organisme.
Il évalue continuellement ce qui se passe dans le corps, dans l'environnement et dans les relations. Cette évaluation s'effectue en grande partie en dehors de la conscience.
Notre système nerveux ne se construit pas indépendamment de notre histoire. Il se calibre au contact de notre environnement et des expériences vécues, notamment durant l'enfance.
Lorsqu'un enfant grandit dans un contexte suffisamment prévisible, auprès de figures d'attachement disponibles et capables de l'apaiser, son système nerveux peut progressivement apprendre qu'après une activation, un retour à la sécurité est possible.
À l'inverse, lorsque l'environnement est durablement insécurisant, imprévisible, intrusif, négligent ou effrayant, le système nerveux doit s'organiser autrement. Il peut apprendre à rester en alerte, à repérer très rapidement les changements d'atmosphère ou à se couper de certaines sensations lorsque la mobilisation devient inutile ou impossible.
Ces adaptations ne sont pas choisies. Elles se mettent en place pour permettre à l'enfant de faire face et de rester en lien avec des figures d'attachement dont il dépend entièrement, même lorsque ce lien ne lui apporte pas la sécurité dont il aurait besoin.
Deux éclairages complémentaires sur la régulation
- La théorie polyvagale
- Le modèle neuroviscéral d'intégration
La théorie polyvagale et le modèle neuroviscéral d'intégration proposent deux lectures complémentaires de la régulation du système nerveux. Ils ne décrivent pas exactement les mêmes mécanismes, mais permettent tous deux de comprendre que la régulation corporelle, émotionnelle, cognitive et relationnelle est profondément interdépendante.
Article en construction. La suite sera publiée prochainement.