Quand le trauma s'exprime au présent
Comprendre le système nerveux, les réactions corporelles et les parts de soi
Le trauma ne se manifeste pas uniquement par des souvenirs. Il peut s'exprimer dans la manière dont votre système nerveux réagit, parfois très rapidement, à ce qui se passe autour de vous ou à l'intérieur de vous.
Le trauma ne se manifeste pas toujours par des souvenirs
On associe souvent le trauma aux cauchemars, aux images intrusives ou au souvenir d'un événement précis. Ces manifestations existent, mais elles ne sont pas les seules.
Le trauma peut aussi s'exprimer par une vigilance constante, une difficulté à se détendre, une impression de décalage, des réactions émotionnelles très intenses, un épuisement persistant ou des difficultés relationnelles répétitives.
Il peut également se traduire par une absence apparente de réaction : se sentir coupé de ses émotions, agir mécaniquement, perdre son élan ou avoir l'impression d'être spectateur de sa propre vie.
Des réponses différentes peuvent se succéder
Face à une situation éprouvante, l'organisme peut mobiliser plusieurs réponses : chercher une issue, se défendre, se figer, s'effondrer ou tenter de préserver le lien en s'adaptant aux attentes de l'autre.
Ces réponses ne sont pas toujours exclusives. Une personne peut être très active dans certains domaines et se sentir complètement paralysée dans d'autres. Elle peut rechercher une relation puis ressentir soudainement le besoin de s'en éloigner. Elle peut alterner entre contrôle, débordement émotionnel et retrait.
Ces contradictions apparentes deviennent plus compréhensibles lorsque l'on reconnaît qu'elles correspondent à différentes manières de retrouver de la sécurité.
Certaines réactions précèdent la pensée
Le corps peut réagir avant que la personne ait identifié ce qui l'a affectée : le cœur accélère, la respiration se modifie, les muscles se tendent, le ventre se serre ou l'attention se fixe sur certains détails.
La pensée cherche ensuite une explication à cet état. Elle peut conclure que quelque chose va mal, que l'autre va partir, qu'un conflit va éclater ou qu'il faut agir immédiatement.
La réaction paraît alors provoquée par la pensée, alors qu'elle a parfois commencé plus tôt, à un niveau corporel et automatique.
La mémoire implicite influence les attentes
La mémoire implicite ne raconte pas nécessairement ce qui s'est passé. Elle oriente plutôt ce que l'on s'attend à vivre.
Elle peut prendre la forme de certitudes telles que : « je vais être abandonnée », « je dois me débrouiller seul », « montrer mes besoins est risqué », « je n'ai pas le droit de refuser » ou « si je relâche mon attention, quelque chose va arriver ».
Ces convictions peuvent sembler faire partie de la personnalité alors qu'elles se sont parfois construites dans un contexte particulier.
Comprendre les parts de soi
Une partie de la personne peut souhaiter avancer, faire confiance ou se reposer, tandis qu'une autre reste méfiante, évite certaines situations ou maintient un contrôle permanent.
Parler de parts de soi permet de reconnaître ces mouvements sans réduire la personne à l'un d'eux. Chaque part porte généralement une fonction, une peur, une stratégie ou une expérience particulière.
Le but n'est pas de supprimer les parts qui dérangent, mais de leur permettre de constater que les conditions ont changé et qu'elles ne sont plus seules à devoir assurer la protection de l'ensemble.
Vous n'êtes pas votre réaction
Une réaction de peur, de retrait, de colère ou de figement ne définit pas qui vous êtes.
Elle correspond à un état qui s'active dans certaines circonstances. Ce qui a été appris peut progressivement évoluer lorsque de nouvelles expériences de sécurité deviennent possibles.
Comment ces traces peuvent-elles se manifester ?
- Anxiété, hypervigilance, réactions émotionnelles intenses, intrusions ou cauchemars.
- Figement, fatigue profonde, sensation d'irréalité, décalage ou difficulté à se sentir pleinement présent.
- Évitements, blocages, conduites addictives ou besoin de tout contrôler.
- Peur de l'abandon, dépendance, retrait, difficulté à faire confiance ou répétition de relations douloureuses.
- Conflits intérieurs, perte d'élan, honte, culpabilité ou sentiment de ne pas avoir de place.